Vous avez préparé un repas en espérant que cette fois, votre enfant accepte enfin de goûter. Mais il refuse, repousse l'assiette, ne mange pas ou réclame toujours le même aliment.
À force, les repas deviennent une source de tension. Vous vous demandez s'il mange suffisamment varié, s'il risque des carences ou si vous faites les choses correctement.
Si cette situation vous semble familière, sachez d'abord une chose : vous n'êtes pas seul.Chez les personnes autistes, les difficultés alimentaires sont très fréquentes : Selon les études, elles concerneraient jusqu'à 90 % d'entre elles. Avant de chercher des solutions, il est essentiel d'essayer de comprendre pourquoi votre enfant refuse certains aliments. C'est l'objet de cet article.
Les aspects sensoriels
Lorsqu'un enfant refuse un aliment, on pense souvent qu'il n'aime pas son goût. En réalité, de nombreux autres facteurs peuvent entrer en jeu. Votre enfant peut être gêné par :
- la texture (croquant, fondant, filandreux...)
- la température
- 'odeur
- la couleur
- l'aspect visuel
- le mélange des aliments dans l'assiette
- le bruit produit lorsqu'il croque.
Pour certains enfants, ces sensations sont beaucoup plus intenses que pour la plupart des personnes .Ce qui vous semble anodin peut être vécu comme réellement désagréable.
Il ne s'agit pas d'un manque de bonne volonté, mais d'une perception sensorielle différente.
La rigidité autistique
Soyons honnêtes, je n’apprécie pas ce mot. Pourtant, il nous permet de mettre en évidence un concept réel : les enfants autistes ont besoin de stabilité, de prévisibilité.
Or, les repas sont tout sauf stables ! Les aliments changent, certes. Mais même pour un même menu ce n’est jamais tout à fait la même cuisson, tout à fait le même goût. Les lieux changent (la maison, la cantine, chez les grands-parents), les personnes présentes aussi...Parfois même, nos chères marques décident de changer la recette ou le packaging de ses nuggets préférés, et hop, ils sont refusés !
Faut-il le forcer à goûter ?
Si votre enfant mange un nombre très limité d'aliments, le premier objectif n'est pas de lui faire goûter de nouvelles choses. C'est d'abord de sécuriser les aliments qu'il accepte déjà afin qu'il puisse manger suffisamment.
Cela ne signifie pas qu’il faut abandonner toute découverte alimentaire ! Cela est intéressant de lui proposer au repas des aliments qu’il ne mange pas, dans un climat serein.
Pour un enfant autiste, goûter c’est déjà trop. Plusieurs étapes sensorielles sont intéressantes à exploiter :
- Tolérer la présence de l’aliment dans son champ visuel
- Sentir l’aliment
- Toucher l’aliment du bout des doigts
Vous pouvez proposer ces petites expériences sans pression, cela sera à terme beaucoup plus bénéfique que de forcer à goûter. Car forcer, c’est amener une mauvaise expérience avec la nourriture, et rendre le fait de manger, encore plus stressant.
Les erreurs que vous ne ferez plus
Pour aller plus loin
Comprendre les difficultés alimentaires est souvent la première étape avant d'aider son enfant. J'ai préparé une vidéo gratuite dans laquelle je vous explique les principales causes des refus alimentaires chez les enfants autistes et les premières pistes pour accompagner votre enfant plus sereinement.
